Neuf homosexuels Sénégalais, militants de la lutte contre le sida, vont faire appel de leur condamnation à huit ans de prison par le tribunal de Dakar, à raison de leur seule orientation sexuelle.Les neuf prévenus comparaissaient pour le chef d’accusation "d’acte impudique et contre-nature et association de malfaiteurs". Au Sénégal, l’'homosexualité est interdite et passible selon le code pénal d'une peine d'un à cinq ans d'emprisonnement. Le parquet avait requis 5 ans, la condamnation à 8 ans est particulièrement lourde, mais elle a été prononcée par un juge unique, l’appel pourrait aboutir à une décision plus clémente. Il est indispensable de manifester un soutien aux accusés.
La déclaration de dépénalisation de l’homosexualité portée, en décembre dernier, par la France devant l’ONU, ne doit pas rester un acte symbolique. Rappelons que cette déclaration, endossée par plus de 60 états de part le monde, dénonce les violations aux droits humains basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre et vise à dépénaliser l’homosexualité partout dans le monde. L’Etat français peut user de son influence pour convaincre les pays qui exercent une homophobie d’état à y renoncer. Un mouvement de solidarité internationale peut aussi porter ses fruits.
Il apparaît de plus en plus urgent d’appliquer partout dans le monde les principes de Jogjakarta lancés aux Nations Unies en novembre 2007, par les gouvernements brésiliens, argentins et uruguayens. Les principes de Yogyakarta constituent, relativement à l’orientation sexuelle et l’identité de genre, une ressource inestimable en matière d’application des droits humains et des libertés fondamentales. Ces principes établissent que les droits humains sont universels, ils s’appliquent donc à tous.



